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LE SYNDROME DU LEOPARD ...

Dimbo Matshi

Les 120.000 spectateurs et fans inconditionnels de notre équipe sont rentrés médusés samedi dernier du dernier match de l'année de notre équipe nationale. Nous n'avons certes pas perdu mais nous sommes bel et bien éliminés. Cela ne nous était plus arrivés depuis ... 1990 ... lors de la phase finale en terre algérienne. Nous étions bel et bien les plus réguliers de tous les participants à la phase finale de la CAN quoique nous ayons alterné chaud et froid dans nos prestations.

Comme d'habitude, le désir est que des têtes tombent. Nous espèrons qu'il y en a qui tomberont. Toutefois, ce syndrôme que j'appelle du léopard n'a rien à avoir avec une conotation politique. L'épithète de léopard provient tout simplement du fait que c'est le nom du symbole de notre équipe nationale. Cela étant clarifié voyons en quoi consiste ce syndrôme.

1. Tout faire en dernière minute avec espoir de réussir. Cela ne date pas d'aujourdhui que notre équipe nationale est mise des conditions négligentes jusquà la veille d'un match. A chaque fois, c'est plus le talent de nos joueurs qui nous épargnent la désillusion que la préparation d'un match. Une fois de plus, la préparation a été baclée au départ. Les dirigeants ont voulu camouffler le mal en s'ingérant dans la chose à deux semaines du match fatidique. La qualification devait être nôtre il y a de cela trois matches et non pas attendre le dernier match pour tout miser. L'épisode de la Namibie lorsque les léopards ont été livrés à eux-mêmes forçant l'ingérance présidentielle semble déjà être oublié. La qualification était à nous de la perdre et nous l'avons perdu

2. Incapacité de la Fecofa. La Fecofa est pauvre et incapable d'assumer la gestion de léquipe nationale sur les plans humains et financiers. Elle l'a encore plus prouvé lors de cette campagne. C'est une honte que le President de la République aie à gérer l'équipe nationale. La Fédération doit revoir sa façon de gérer le football national. Malheureusement pour le fan congolais, elle n'entre pas dans le cadre des 5 points de reconstruction de Joseph Kabila. Heureusement pour les dirigeants de la fédération, ils ne seront ainsi pas démis de leur fonction en ce mois de septembre. Ils pourront ainsi continuer d'être médiocres et passer leur temps à se faire connaître dans les travées de la Fifa.

3. Qui est le ministère du sport? Cest bien la question qui mérite d'être posée. Le sport congolais est en désarroi. Nos athlètes ne sont pas compétitifs sur le plan international pourtant nous connaissons tous l'avantage et l'impact du sport sur l'économie d'un pays et surtout la fierté d'une nation. Il suffit de demander aux éthiopiens qui est Mokili Saio ou encore aux ghanéens qui est Kalala Mukendi. Ils s'en souviennent à ce jour.

Tout comme la Fécofa, le ministère est incapable de gérer le foot congolais (si cela est son rôle). Il est caractérisé par le manque de vision pour le sport congolais. Heureusement pour Gary Kikaya ... Pour preuve, la présidence a dû le faire à sa place. Cette campagne a aussi démontré le manque de fonds et surtout de capacité morale pour soutenir le sport en général. A quoi sert un ministère pauvre?

Heureusement pour les fans du sport congolais, le ministère du sport entre dans le cadre des 5 points de reconstruction de Kabila. Malheureusement pour le ministre, il peut être éjecté de son poste en septembre ... mais comme Omer Egbake, ex-ministre du sport, l'a démontré le gêne et l'honneur ne sont pas toujours congolais surtout quand il s'agit de céder sa place à la tête ...

... Les grands perdants ... la génération Nonda. Une génération prometteuse mais qui n'a jamais pu concrètement étaler tout son talent pour l'équipe nationale ... Le capitaine lui-même a soit été plus souvent blessé ou en conflit avec les dirigeants ... ils ont peut-être pu avoir le meilleur entraineur en la personne de Claude Leroy mais nous savons ce qui lui est arrivé ... il fait maintenant le bonheur des ghanéens.

... l'entraineur Henri Depireux ... la victime expiatoire ... Dieu seul sait quelle mouche l'a piqué pour avoir accepté ce travail qui est le pire qui soit en Afrique noire. Ce sera une surprise s'il reste encore à la tête de l'équipe nationale après avoir broyer du noir pendant près de deux ans (impaiement, manque de logement, véhicules etc. ...) ... peut-être pensait-il que le gouvernement l'aurait payé avec une mine de diamant quelque part. Calcul faussé. Il n'aura peut-être jamais pu étaler son talent d'entraineur non plus ...

... le prochain entraineur de l'équipe nationale ... qui que ce dernier soit, il est prévenu. Claude Leroy n'a pas su s'imposer malgré sa rigueur et les résultats combien positifs qui ont suivi sa présence à la tête de l'équipe nationale. Pour Henri Depireux, c'était pire ... pour le prochain, ca risque d'être chaotique à moins dun changement dans le chef des dirigeants du sport congolais.

... le foot congolais ... nous perdons beaucoup avec ces échecs répétés. Il suffit de voir le nombre de joueurs congolais espoirs évoluant en France, Angleterre voir Belgique pour voir les perles que nous perdons. Les Mulumbu, Larys Mabiala, Granddi Ngoyi, Blaise Matuidi, Steve Mandanda, Kalambayi, Mémé Tchité, Rio Mavuba, Vincent Kompany sont toutes des starlets qui auraient fait la fierté de notre foot à l'image de la génération sénégalaise des Diouf, Fadiga et autres Niang ou celle des ivoiriens avec les Drogba, Kalou, Dindane et autre Zokora. Malheureusement ils feront le bonheur d'autres nations ...

... les bénéficiants ... la nouvelle génération ... génération Mputu, Mbokani ou Biscotte ou encore Roum selon votre joueur préféré. Malgré la déception de cette élimination, elle a eu l'opportunité de beaucoup jouer ensemble et de mieux se connaitre. Ils sont tous très jeunes et extrêmement talentueux. Leur crucifix est le manque de leadership. Sinon, avec un encadrement adéquat et un état d'esprit de vainqueur, cette nouvelle génération a suffisament de talent pour remporter plus d'un trophée international soit avec l'équipe nationale soit avec leur club respectif à l'image d'un Mbokani tout feu tout flamme cette année avec le Standard de Liege.

 ... à quand le prochain trophée pour une équipe congolaise  ... le jour que nos joueurs ne devront plus payer leur frais de séjour pour venir jouer un match éliminatoire important ... le jour que notre entraineur ne devra plus aller prendre les vareses de l'équipe lui-même à l'aéroport de Ndjili ... le jour que nos joueurs ne devront pas attendre qu'une personne de bonne volonté leur donne un mini-bus pour aller s'entrainer ou jouer un match de foot de qualification ... le jour que nous aurons des installations digne de ce nom n'exigeant pas qu'un grand club comme le TP Mazembe joue ses matches de compétitions internationales à Kinshasa en lieu et place de son fief de Lubumbashi ... le jour que nous aurons des dirigeants plus aptes à gérer le sport national parce que les résultats actuels confirment la qualité des dirigeants actuels ...


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